La Conférence
Vivre avec les grands animaux, Cerfs, chevreuils, sangliers...
Le conférencier
Christophe AUBEL
Directeur de la communication de la Ligue Roc, pour la préservation de la faune sauvage
La forêt abrite de nombreuses espèces animales, les plus grandes sont des mammifères : sangliers, cerfs, et chevreuils (sans oublier chamois et bouquetins en montagne
)
Octobre 2003
A visiter
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Vivre avec les grands animaux, Cerfs, chevreuils, sangliers...

Photo © Olivier Collin
Cerfs, chevreuils et sangliers sont des animaux dont les noms sont plus connus que leurs moeurs. Trop souvent, ils sont uniquement considérés comme des espèces autorisées à la chasse ou causant des dégâts à la forêt et aux cultures.
Pourtant ces espèces enrichissent la biodiversité de nos forêts, et contribuent aux équilibres naturels.
Moins farouches que les carnivores, ces herbivores sont source de plaisirs pour tous ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent approcher une faune riche et diversifiée.
Problèmes pour la forêt
Dans une forêt tournée vers une productivité intensive, le cerf, le chevreuil et le sanglier sont accusés de multiples dégâts et trop souvent jugés indésirables. Quels sont les vrais problèmes pour les arbres ?
Labroutissement
Cest la consommation par le cerf ou le chevreuil de jeunes pousses et de bourgeons. Ce dommage nest cependant pas irrémédiable car une pousse plus vigoureuse finit toujours par se développer...
Lécorçage
Beaucoup moins fréquent, pratiqué par le cerf, il consiste à arracher des morceaux décorce du tronc. Les écorçages d'hiver sont minimes. Ceux de printemps ou d'été sont souvent spectaculaires ; la sève étant remontée, des lambeaux entiers du tronc peuvent être arrachés. Les essences les plus touchées sont le frêne, le hêtre, le pin, lépicéa et le douglas.
Les frottis
Les cerfs et chevreuils mâles frottent les jeunes arbres avec plus ou moins de violence. Les essences les plus recherchées sont les résineux pour leur pouvoir odorant, et les feuillus à bois tendre.
Les frottis ont lieu à trois périodes bien précises :
- le brame au mois de septembre.
- la chute des bois au printemps.
- la chute du "velours" des nouveaux bois, l'été.
...et pour les cultures
Cerfs mais plutôt chevreuils et, surtout, sangliers peuvent aller se nourrir dans les cultures à proximité des massifs boisés. Ces dommages sont variables, ceux du sanglier peuvent être importants (céréales, pommes de terre, prairies labourées...).

Photo © Olivier Collin
Solutions
La notion de dégâts est très subjective et varie dune personne à l'autre suivant sa capacité à accepter que la nature nait pas une rentabilité de cent pour cent et que lhomme ne soit pas lunique bénéficiaire des produits du sol . Il est essentiel, alors que croissent les menaces sur la biodiversité, de changer notre relation à la nature, et daccepter une part pour la faune. Le tout est de définir cette part et, au-delà, de dédommager les propriétaires....
Quelques principes
- proscrire les lâchers, en particulier de sangliers ...et le nourrissage de ces espèces ; nautoriser, en forêt, lagrainage dissuasif quen période de vulnérabilité des cultures voisines ;
- recourir à des techniques sylvicoles adaptées à la présence de la grande faune forestière : maintien des espèces appétantes, maintien ou création de prairies et de sommières (trouées) enherbées ;
- adopter des mesures de protection individuelles des jeunes plantations (choisir des manchons ne piégeant pas les oiseaux),
- limiter la présence humaine incontrôlée dans certains secteurs forestiers : des dérangements
fréquents stressent les animaux, notamment le cerf, un stress important pouvant provoquer des comportements de dégâts et notamment décorçages.
- protéger (où et quand il faut) les cultures :
- pose de clôtures en rubans électriques,
- éloignement des champs des lisières de forêts,
- usage de répulsif, non polluant.
Les dégâts importants à lagriculture ou la forêt doivent être indemnisés (Etat ou assurances), ainsi que les dégâts aux particuliers (jardins).
Quelques constats
Cerf, chevreuil ou sanglier cherchent simplement à survivre : ils sont souvent obligés de sadapter à l'environnement que les hommes leur façonnent.
En réalité, les dégâts sont souvent révélateurs dun dysfonctionnement :
- prévalence de la monoculture ou de la culture despèces exotiques sur un massif.
- domination de la futaie régulière (arbres tous du même âge sur une parcelle) au détriment du taillis et de la régénération naturelle mélangée.
- absence de petites clairières naturelles et de zones de quiétude.
Si lon tirait les leçons de ces constats ?
Dune manière générale les dégâts causés par la grande faune sauvage sont fonction de la capacité daccueil des massifs forestiers : Rendus accueillants aux grands animaux, ils nen perdraient pas pour autant leur rôle économique.
Pour en savoir plus, létui "Vivre avec les grands animaux" est à commander à la Ligue ROC
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