La Conférence
Limaces, amies ou ennemies ?
Le conférencier
Formateur dans le domaine de la protection biologique des plantes, avec Harmonia, il tient également à votre disposition une gamme complète d'auxiliaires et produits dédiés à la lutte biologique dans les jardins et potagers.
Septembre 2003
A visiter
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Limaces, amies ou ennemies ?
Anatomiquement, notre limace est composée de 85 % deau. Ne possédant aucune protection contre la déshydratation, elle doit sassurer une réhydratation constante, et se mettre à labri en cas de fortes chaleurs, pour éviter tout dessèchement. Pour se déplacer, la limace sécrète un liquide visqueux : le mucus. Ce dernier est composé de 98 % deau. Le support, sur lequel se déplace notre limace, ne doit être en aucun cas sec et poreux.
Côté reproduction, la limace est hermaphrodite, cest à dire à la fois mâle et femelle, mais pas en même temps. En effet, les 2 états se succèdent. Dabord mâle, elle produit des spermatozoïdes. Lors de laccouplement, nous sommes alors en présence de 2 mâles qui séchangent les spermatozoïdes. Ces derniers sont stockés dans une poche. Puis nos 2 mâles se transforment en femelles produisant des ovules qui seront fécondés par le sperme stocké. La ponte a lieu dans le sol. Les ?ufs sont pondus en paquets pouvant contenir jusqu’à 200 oeufs !
La vitesse de développement des ufs est très variable selon les conditions climatiques. Les ufs pondus en hiver mettent de 2 à 4 mois pour se développer, ils résistent ainsi mieux au gel. Par contre, les ufs pondus en été ont seulement 2 / 4 semaines de développement.
Le comportement alimentaire est très variable selon les espèces, autant sur le choix des végétaux que sur la quantité de nourriture consommée. Certaines peuvent dévorer en 1 nuit jusquà 50 % de leur poids !. Alors faisons le compte : si lon considère que dans notre potager on compte 1 limace par M2, quelle consomme environ 10 grammes de végétaux par nuit, sur un mois de 30 jours, elle en aura ingurgité 300 grammes par M2 soit 3 tonnes à lhectare
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Dautres part, la limace transmet souvent des agents infectieux aux plantes, comme la rouille, le mildiou par lintermédiaire de sa bave ou de ses déjections et même des maladies graves pour lhomme dans certains pays.
Aujourdhui nos jardins sont pris dassaut par des escadrons de limaces, alors on inonde nos plantations de granulés. Malheureusement, on touche peu de limaces car 90 % de la population reste dans le sol, seul 10 % remontent à lair libre pour se nourrir et comme bien souvent on laisse les cadavres, les limaces, des alentours, avides de chair fraîche débarquent, augmentant ainsi la population de limaces déjà existante.
Or la limace a un rôle important dans la nature. En effet, elle réduit les cadavres de petits animaux et les déchets végétaux en petits morceaux, facilitant ainsi la décomposition de la matière organique, indispensable pour la vie de nos plantes. De même, elle est un maillon de la chaîne alimentaire. Alors si aujourd’hui elle pullule, c’est que l’équilibre biologique est rompu. Rompu par qui, par quoi, malheureusement par l’homme. Lorsque l’on plante des kilomètres de haies strictes, style thuyas, aux dépens de haies fleuries, on sélectionne automatiquement la faune, comme lorsque l’on réalise des hectares et des hectares de monoculture, sans oublier nos utilisations de produits chimiques non sélectifs. Ainsi par nos faits et gestes, nombreux sont les auxiliaires qui désertent nos jardins, faisant la part belle à notre limace.
Ne devons nous pas réapprendre à respecter les auxiliaires : musaraignes, mille-pattes, hérissons, oiseaux, nématodes?, qui traquent sans relâche les limaces. Aidons les à revenir, nous avons le couvert, offrons leur le gîte.
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